Tout le monde préfère se rendre au travail en bonne santé et en pleine forme. Mais la réalité est parfois tout autre, lorsque des raisons médicales affectent les capacités de travail.
Les arrêts de travail de longue durée constituent souvent une étape dans le processus conduisant à l’invalidité ou au chômage. Une enquête européenne sur les conditions de travail montrait déjà en 2005 qu’un arrêt de travail compris entre 3 et 6 mois réduit de moitié la probabilité que le travailleur puisse reprendre son travail.
Plus l’absence se prolonge, moins le problème de santé initial est déterminant pour le retour au travail. Les facteurs psychosociaux, l’environnement de travail et les conditions de travail jouent, généralement, un rôle plus important. Ainsi l’âge du travailleur, les collègues, le soutien social, la charge physique ou mentale de la fonction, le climat social dans l’entreprise, le contact avec l’environnement de travail, … constituent des facteurs déterminants du retour au travail.
Le maintien en emploi passe donc aussi par une politique d’entreprise centrée sur le retour au travail après une absence pour raison médicale
La réintégration comme partie du bien-être au travail
Chaque employeur doit prendre des mesures de prévention pour :
- la santé et la sécurité des travailleurs ;
- favoriser le retour au travail après des problèmes de santé.
Le Code du bien-être au travail (PDF, 773 Ko) prévoit, dans son livre 1er, titre 4, un chapitre (VI) sur « la reprise du travail pour les travailleurs en incapacité de travail » . Vous trouverez plus d’informations sur le site du SPF Emploi :
- concernant les aspects collectifs (la politique de réintégration de l’entreprise) : Aspect collectif: la politique de réintégration de l’entreprise ;
- concernant les aspects individuels : le trajet informel et le trajet formel de réintégration .
Le but de ce trajet est de permettre au travailleur qui ne peut plus effectuer le travail convenu (temporairement ou définitivement) de retrouver un travail qui lui convient et dans les meilleures conditions possibles.
Des informations détaillées au sujet du trajet de réintégration sont disponibles sur le site du SPF Emploi, dans la rubrique Réintégration des travailleurs en incapacité de travail et prévention des absences de longue durée .
Les modifications de la réglementation relatives au trajet de réintégration apportées par l’AR du 17 décembre 2025 (Moniteur belge du 30 décembre 2025) se trouvent dans le tableau récapitulatif suivant : Schema TRI 2.0 vs TRI 3.0 (PDF, 107 Ko) .
Conséquences pour le contrat de travail
Sur le site du SPF Emploi, vous trouverez des informations concernant la reprise partielle du travail après une période d'incapacité de travail :
- Maintien du contrat de travail initial
- Salaire garanti en cas de rechute
- Calcul de l’indemnité de préavis en cas de rupture du contrat de travail
Un travailleur et un employeur ne peuvent invoquer la force majeure médicale pour mettre fin au contrat de travail que lorsque le travailleur est définitivement inapte au travail convenu et que la procédure spécifique prévue dans le cadre de l'article 34 de la loi relative aux contrats de travail a été menée à bien, telle que décrite à l'article I.4-82/1 du code du bien-être au travail. Plus d’informations sont disponibles sur le site du SPF Emploi : La procédure spécifique pour force majeure médicale
Aide fédérale et régionale
Comment faciliter la reprise du travail en adaptant le travail aux capacités du travailleur ? Différentes adaptations sont possibles:
- adapter les heures de travail moyennant l’autorisation du médecin conseil de la mutuelle ou de Medex (pour les fonctionnaires statutaires);
- adapter les tâches et l'organisation du travail;
- adapter le poste de travail;
- suivre une formation;
- prévoir un accompagnement spécifique.
Si l’entreprise dispose d’un Disability Case Manager, celui-ci peut aider à la reprise du travail. Le Disability Case Manager coordonne et facilite le retour au travail des collaborateurs en incapacité de travail de longue durée avec pour objectif l’implémentation de solutions à long terme, positives tant pour le collaborateur que l’employeur. Dans ses missions de coordination, il tient compte :
- des besoins individuels de la personne ;
- des conditions de travail ;
- du cadre législatif.
Des informations complémentaires sur la formation des Disability Case Managers sont disponibles sur le site de l’Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) : Nos formations en disability management .
Depuis le 1er avril 2024, un Fonds Retour Au Travail est également géré par l’un des Comités de gestion du Service des indemnités de l'INAMI. Il s'agit d'un système de financement pour l’obtention de services spécialisés et personnalisés (notamment accompagnement de carrière ou coaching personnalisé) pour :
- les personnes en incapacité de travail dont le contrat de travail a pris fin pour cause de force majeure médicale, à l'initiative de l'employeur (depuis le 1er avril 2024)
- ou les travailleurs salariés et les chômeurs qui sont reconnus en incapacité de travail depuis plus d’un an (depuis le 1er avril 2025).
En outre, les organismes suivants proposent toute une série de mesures et d'interventions visant à faciliter l'accès à l'emploi des personnes en situation de handicap, en fonction du domicile du travailleur :
- en Wallonie , l’Agence pour une vie de qualité (AViQ): Réintégration et incapacité de travail temporaire ;
- dans la Région bruxelloise, les services compétents sont repris sur le site portail be.brussels : Handicap et invalidité ;
- en région flamande, le ‘Vlaamse Dienst voor Beroepsopleiding en Arbeidsbemiddeling’ (VDAB) (en néerlandais): Individueel maatwerk (IMW) ;
- dans les communes de la Communauté germanophone (en allemand): Dienststelle für Selbstbestimmtes Leben der Deutschsprachigen Gemeinschaft Belgiens .
Pour les formations et la réorientation professionnelle, il existe également des aides.