STOP suit une hiérarchie de contrôle des risques. En ce qui concerne les agents biologiques, il n'est possible de passer à un niveau inférieur de la hiérarchie que si les contraintes techniques empêchent l'employeur d'éliminer complètement l'exposition. Nous abordons ici le niveau le plus élevé et le plus souhaitable, « S », qui signifie substitution.

Si la nature du travail le permet, l'employeur évite l'utilisation d'un agent biologique nocif en le remplaçant par un agent biologique qui, selon les connaissances scientifiques actuelles et dans les conditions d'utilisation, n'est pas dangereux ou est moins dangereux pour la santé des travailleurs. La substitution, ou le remplacement des agents biologiques dangereux, est toujours la première mesure que l'employeur doit essayer d'appliquer. L'employeur doit rechercher des solutions de remplacement de manière active et sur la base d'une enquête approfondie. S'il n'est pas possible de trouver des substituts adéquats, cela doit être justifié.

Lors du remplacement d'un agent biologique, l'employeur doit bien entendu s'assurer que le nouvel agent ne sera pas aussi nocif, voire plus nocif, pour la santé du travailleur. La substitution d'un agent dangereux par un autre agent dangereux, également connu sous le nom de « regrettable substitution », (remplacement regrettable), n'est malheureusement que trop fréquent. C'est pourquoi la recherche, qui précède la substitution, doit être approfondie et être basée sur toutes les informations (scientifiques) possibles déjà disponibles sur les substituts potentiels.

L'élimination ou le remplacement des agents biologiques dangereux sur le lieu de travail présente des avantages tant pour les travailleurs (amélioration de la sécurité et de la santé) que pour les employeurs : réduction des coûts des mesures de contrôle, amélioration de la santé des travailleurs et donc diminution de l'absentéisme, respect de la législation, réduction de l'élimination des déchets dangereux et amélioration de la réputation.

En pratique : Laboratoires et processus industriels

En fonction de l'objectif des études menées en laboratoire ou du processus industriel, différentes stratégies peuvent être utilisées pour remplacer les agents biologiques dangereux dans la pratique ou pour éliminer complètement le danger lui-même :

  • Remplacement des agents biologiques nocifs : en s’appuyant sur la littérature afférente, il est possible de choisir des micro-organismes sûrs (alternatifs) au cours des expériences. Ainsi, il est fréquent que la recherche académique fondamentale soit menée à partir de certains organismes modèles qui, dans de nombreux cas, ne sont pas ou moins dangereux à manipuler et dont la plupart des propriétés sont très bien caractérisées afin de travailler de la manière la plus sûre possible lors de la manipulation de ces organismes. Les exemples sont (les souches non pathogènes de) la bactérie «Escherichia coli» et le champignon «Saccharomyces cerevisiae» (levure de boulanger), qui sont utilisés dans la recherche sur les médicaments et la recherche génétique fondamentale. Bien que ces organismes modèles soient considérés comme sûrs, les procédures de biosécurité standard doivent toujours être suivies pour minimiser les risques potentiels, notamment en prévoyant le niveau de contrôle adéquat pour l'agent biologique spécifique et en utilisant l'équipement de protection collective et individuelle approprié.
  • Modification d'agents biologiques nocifs : les virus, par exemple, peuvent être génétiquement modifiés de manière à pouvoir pénétrer dans les cellules, mais sans pouvoir s'y multiplier ou produire de nouvelles particules virales. Cela signifie qu'ils ne peuvent pas provoquer de maladie car ils ne peuvent pas se propager dans l'organisme. Ces virus sont utilisés dans les vaccins pour induire une réponse immunitaire sans risquer de provoquer la maladie qu'ils sont censés prévenir. Cette méthode est donc différente de celle qui utilise comme vaccin les virus inactivés et atténués. Même si ces agents sont moins dangereux qu'un agent non modifié, il convient de veiller à limiter au maximum l'exposition des travailleurs. Cela se traduit par un niveau de contrôle physique adéquat (armoire de sécurité biologique) pendant les travaux de laboratoire ou, par exemple, par l'utilisation de dispositifs d'administration de vaccins dans un système fermé, ce qui empêche la fuite d'agents dangereux et donc l'exposition des travailleurs à ces derniers.
  • Utilisation d'agents biologiques dangereux inactivés : L'inactivation des micro-organismes pathogènes est un processus utilisé pour les rendre inoffensifs tout en conservant autant que possible leurs propriétés structurelles et autres propriétés intéressantes spécifiques au pathogène. Ceci est important pour divers types de recherche sans risque de provoquer des maladies, comme le développement de vaccins et le diagnostic d'échantillons biologiques dont la pathogénicité est inconnue ou soupçonnée d'être très élevée. Plusieurs méthodes sont utilisées pour inactiver les agents pathogènes :
    • inactivation par la chaleur : exposition des micro-organismes à des températures élevées ;
    • inactivation chimique : traitement des micro-organismes à l'aide de certains produits chimiques ;
    • inactivation par rayonnement : exposition des micro-organismes à des rayonnements ionisants tels que les rayons gamma ou la lumière ultraviolette (UV) ;
    • perturbation physique : méthodes telles que la sonication et l'homogénéisation à haute pression pour perturber l'intégrité physique des micro-organismes.

Là encore, il convient de toujours suivre les protocoles appropriés afin d'éviter autant que possible l'exposition à ces agents biologiques au moyen d'un niveau de contrôle adéquat. En raison de l'incertitude possible quant à l'efficacité de l'inactivation, il est donc de rigueur d'appliquer au moins le niveau 2 de contrôle. De plus, l'utilisation des différentes techniques d'inactivation engendre ses propres risques du fait de l’utilisation de la chaleur, d’agents chimiques dangereux, de radiations et de vibrations. Ces dangers peuvent également constituer un risque pour la santé des travailleurs qui appliquent ces techniques. C'est pourquoi il est extrêmement important que ces travailleurs soient correctement encadrés et formés à l'utilisation sûre de ces techniques.

  • Questions parlementaires

  • 2820/1-7 Chambre - Projet de loi relatif à l'amélioration de la qualité de l'air intérieur dans les lieux fermés accessibles au public

  • 872 Chambre - Qualité de l'infrastructure du commissariat de Montigny sur Sambre

  • Chambre - Débat d'actualité le 8 mai 2020 sur la crise du coronavirus - Questions parlementaires sur le guide générique pour lutter contre la propagation du COVID-19 au travail

  • Chambre - Débat d'actualité le 8 mai 2020 sur la crise du coronavirus - Le contrôle sur le respect des mesures par les entreprises

  • Chambre - Débat d'actualité le 8 mai 2020 sur la crise du coronavirus – La classification du COVID-19 dans la liste des agents biologiques

  • Chambre - La crise du coronavirus – l'impact sur l'emploi: débat d'actualité le 8 avril 2020

  • 22885, 22905, 23792 Chambre - Les maladies pulmonaires chez le personnel de nettoyage

  • 20579 et 20580 Chambre - Le nombre anormalement élevé de malades dans la firme Clarebout Potatoes

  • Directive agents biologiques et bien-être au travail dans les centres accueillant des animaux sauvages (SPF Emploi – Belgique – 2025)

    La prise en charge des animaux sauvages présente des défis spécifiques pour le bien-être et la sécurité des travailleurs. Le contact avec des oiseaux ou d’autres animaux peut entraîner une exposition à des agents biologiques, y compris des zoonoses préoccupantes telles que le virus de la grippe aviaire. Afin de protéger les travailleurs et de maîtriser les risques, le SPF Emploi met cette directive à disposition.

    Cette directive offre un cadre clair pour l’analyse des risques et les mesures de prévention en cas d’exposition à des agents biologiques. Elle fournit des outils pratiques pour les centres d’accueil, en mettant l’accent sur l’admission et le triage, les installations techniques, les mesures organisationnelles et les équipements de protection individuelle.

    Avec cette directive, le SPF Emploi soutient les centres d’accueil et les autres parties concernées dans l’élaboration d’une politique de bien-être sûre et efficace. Cela se fait toujours en conformité avec les compétences des services d’inspection, qui conservent leur autonomie pour évaluer les situations concrètes et intervenir si nécessaire. L’objectif est de garantir un environnement de travail sûr, où les risques sont systématiquement évités ou réduits au niveau le plus bas possible.

    Téléchargez la Directive agents biologiques et bien-être au travail dans les centres accueillant des animaux sauvages (PDF, 654 Ko).