04.09.2026
Ces dernières semaines, plusieurs articles ont été consacrés au virus du Nil occidental et à des oiseaux et chevaux infectés en Belgique. Mais qu’est-ce que cela signifie pour les employeurs, les travailleurs et les conseillers en prévention ?

Dans cet article, nous expliquons comment le virus se transmet, dans quelles situations une exposition peut survenir au travail et quelles mesures l’employeur peut prendre. Tous les travailleurs ne courent pas le même risque. L’analyse des risques de la situation de travail concrète reste donc le point de départ.

Qu’est-ce que le virus du Nil occidental ?

Le virus du Nil occidental circule principalement entre les oiseaux et les moustiques. Les moustiques du genre Culex, dont le moustique commun, peuvent contracter le virus lorsqu’ils piquent un oiseau infecté. Un moustique infecté peut ensuite transmettre le virus à d’autres animaux et à l’être humain.

Le moustique commun (Culex pipiens) est naturellement présent en Belgique. Les moustiques exotiques, comme le moustique tigre (Aedes albopictus), se propagent du sud de l’Europe vers le nord sous l’effet de la mondialisation et du changement climatique. Ils sont également observés en Belgique.

Les humains et les chevaux peuvent tomber malades, mais ils ne transmettent normalement pas le virus aux moustiques. Un contact ordinaire avec un collègue infecté ne présente donc pas de risque. Pour la plupart des travailleurs, la voie de contamination pertinente est la piqûre d’un moustique infecté. De rares infections après un contact avec du matériel biologique contaminé concernent surtout certaines activités spécifiques, comme le travail en laboratoire ou les autopsies.

Quels symptômes une infection peut-elle provoquer ?

La plupart des personnes infectées ne remarquent rien. Environ 80 % ne présentent aucun symptôme. Une plus petite proportion développe des symptômes légers, tels que :

  • fièvre ;
  • maux de tête ;
  • douleurs musculaires ;
  • fatigue ;
  • parfois une éruption cutanée.

Une faible proportion des personnes infectées développe une atteinte grave du système nerveux, comme une encéphalite ou une méningite. Les personnes âgées et celles dont l’immunité est affaiblie présentent un risque plus élevé de forme grave. Il n’existe actuellement aucun vaccin pour l’être humain. La prévention des piqûres de moustiques reste donc la principale mesure de protection.

Quel est le lien avec le bien-être au travail ?

Le virus du Nil occidental est un agent biologique. La loi relative au bien-être des travailleurs et le livre VII du code du bien-être au travail imposent à l’employeur de déterminer si les travailleurs peuvent être exposés dans le cadre de leur travail et de prendre les mesures appropriées.

Le virus appartient au groupe de danger 3 : il est susceptible de provoquer une maladie grave chez l’être humain et de constituer un grand danger pour les travailleurs. Cette classification décrit le danger du virus, mais ne détermine pas automatiquement le risque sur un lieu de travail donné. Ce risque dépend de la nature, du degré et de la durée de l’exposition.

Certaines activités impliquent une intention délibérée de travailler avec le virus ou de l’utiliser, par exemple dans un laboratoire spécialisé. Pour la plupart des entreprises, il s’agit toutefois d’une exposition non intentionnelle. Un travailleur peut être piqué pendant un travail à l’extérieur, sur le terrain d’une entreprise, lors d’un déplacement ou d’une mission à l’étranger, mais également dans un bureau ou un atelier où des moustiques pénètrent.

De l’oiseau au travailleur en passant par le moustique

La principale chaîne de transmission est simple : l’oiseau infecté constitue le réservoir, le moustique est le vecteur et le travailleur peut être infecté après une piqûre. L’employeur ne peut pas agir sur la circulation du virus chez les oiseaux sauvages, mais il peut limiter les sites de reproduction des moustiques sur le lieu de travail, empêcher les moustiques d’entrer, organiser le travail de manière adaptée et protéger les travailleurs contre les piqûres.

L’analyse des risques comme point de départ

L’ analyse des risques porte sur les activités et les lieux de travail concrets. Les facteurs importants sont la nature du travail, la saison et le moment de la journée, la nature, le degré et la durée de l’exposition, la présence de moustiques et d’eau stagnante, la protection des espaces intérieurs, les voyages professionnels et les contacts éventuels avec des animaux infectés ou du matériel biologique contaminé.

La situation épidémiologique est également pertinente. L’employeur peut consulter les informations actualisées des autorités belges et régionales compétentes. Pour les missions à l’étranger, il peut également consulter les données européennes de surveillance. Les signalements d’infections chez des animaux ou des personnes constituent un signal pour réexaminer l’analyse des risques et les mesures de prévention. Ces informations doivent toujours être évaluées au regard des conditions de travail concrètes.

L’employeur associe le conseiller en prévention et, pour les aspects médicaux, le conseiller en prévention-médecin du travail. Si nécessaire, il tient également compte des travailleurs susceptibles de développer une forme plus grave en raison de leur état de santé.

Certaines professions présentent-elles un risque plus élevé ?

Les études scientifiques citent notamment les militaires présents dans des zones endémiques ou épidémiques, les agriculteurs et éleveurs, les travailleurs forestiers et des espaces verts, les vétérinaires, les travailleurs en contact avec des oiseaux, les chercheurs de terrain et le personnel de laboratoire parmi les groupes potentiellement plus exposés.

Cette liste n’est pas exhaustive. Toutes les personnes exerçant ces métiers ne courent pas automatiquement un risque élevé, et même un travailleur de bureau peut être piqué. Les activités concrètes, le lieu et l’exposition déterminent le risque réel.

Quelles mesures l’employeur peut-il prendre ?

De nombreuses mesures de base peuvent être appliquées sur presque tous les lieux de travail. Les mesures nécessaires et leur portée dépendent de l’analyse des risques. Il convient d’abord d’agir sur les sites de reproduction des moustiques qui peuvent être maîtrisés, puis de prendre des mesures techniques et organisationnelles. Ces mesures sont complétées, si nécessaire, par des mesures de protection individuelle.

1. Mesures à la source

Limiter les sites de reproduction des moustiques :

  • Videz, retournez ou couvrez les seaux, bacs, pots de fleurs, pneus et autres récipients.
  • Rangez le matériel de manière à éviter l’accumulation d’eau de pluie.
  • Dégagez les gouttières et évacuations obstruées et réparez les fuites ou les zones mal drainées.
  • Ne modifiez pas les plans d’eau naturels ou les habitats protégés sans concertation avec le service compétent en matière de gestion ou d’environnement.

2. Mesures techniques

Empêcher les moustiques d’entrer :

  • Installez, si nécessaire, des moustiquaires aux fenêtres, portes et ouvertures de ventilation.
  • Réparez les moustiquaires endommagées et veillez à ce que les portes extérieures ferment correctement.
  • Rendez également les locaux de repos, les réfectoires, les vestiaires et les installations sanitaires aussi peu accessibles que possible aux moustiques.
  • En cas de nuitée, prévoyez si nécessaire une moustiquaire de lit.

Ces mesures protègent également les travailleurs qui exercent principalement leurs activités à l’intérieur.

3. Mesures organisationnelles

Limiter l’exposition par une bonne organisation du travail

  • Tenez compte du lieu, de la durée et du moment des activités et limitez l’exposition inutile lorsque les moustiques sont très actifs.
  • Informez les travailleurs à l’avance de la situation et des mesures à appliquer.
  • Prévoyez une procédure claire pour signaler une forte présence de moustiques, de l’eau stagnante ou l’absence de moyens de protection.
  • Prévoyez des procédures de travail spécifiques en cas de contact avec des animaux malades, des oiseaux morts ou du matériel potentiellement contaminé.

4. Mesures de protection individuelle

Protéger les travailleurs contre les piqûres de moustiques

  • Lorsque les circonstances le permettent, portez des vêtements couvrant les bras et les jambes, ainsi que des chaussettes et des chaussures fermées.
  • Appliquez sur la peau non couverte un répulsif anti-moustiques autorisé dont l’efficacité est scientifiquement étayée, conformément à l’étiquette et au mode d’emploi.
  • Renouvelez l’application conformément aux instructions du produit et tenez compte de la transpiration, de la pluie, du lavage et de l’utilisation d’une protection solaire.
  • En cas de nuitée, utilisez une moustiquaire de lit si le lieu de couchage n’est pas suffisamment protégé contre les moustiques.

Les vêtements de travail et les répulsifs anti-moustiques constituent des mesures individuelles importantes, mais ne sont pas considérés comme des équipements de protection individuelle au sens strict du Code.

Surveillance de la santé

Lorsque l’analyse des risques met en évidence un risque pour la santé, l’employeur doit organiser une surveillance de la santé appropriée. Le service interne ou externe pour la prévention et la protection au travail et le conseiller en prévention-médecin du travail aident à déterminer quels travailleurs doivent en bénéficier.

Le conseiller en prévention-médecin du travail peut assurer un suivi ciblé des travailleurs potentiellement exposés et conseiller l’employeur sur les mesures de prévention appropriées. Dans son évaluation médicale individuelle, il tient notamment compte des facteurs susceptibles d’accroître la vulnérabilité, dans le respect du secret médical.

Si un travailleur développe des symptômes après une exposition potentielle, il est important qu’il en informe son médecin traitant. Il peut lui fournir des informations utiles sur le lieu et le moment de l’exposition, sur la présence d’un grand nombre de moustiques ou de piqûres multiples, ainsi que sur un séjour dans une zone où le virus du Nil occidental circule ou sur un contact avec du matériel potentiellement contaminé. Lorsqu’un travailleur est atteint d’une infection ou d’une maladie susceptible d’être liée au travail, il doit également en informer le médecin du travail.

Coopération et informations complémentaires

La lutte contre le virus du Nil occidental nécessite une coopération entre la santé publique, la santé animale, l’environnement et le bien-être au travail. Le SPF Emploi collabore avec d’autres acteurs fédéraux et avec les Régions à une approche plus large, accordant une attention particulière aux travailleurs. Les secteurs et groupes professionnels potentiellement plus exposés sont également informés de manière ciblée.

Bien-être au travail

Les pages web suivantes expliquent la place des agents biologiques et des vecteurs dans la politique de bien-être au travail et la manière dont les employeurs peuvent aborder l’analyse des risques et la prévention :

Informations des Régions

Les services régionaux de santé et d’environnement fournissent des informations adaptées à la situation en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre. Consultez la page de la Région dans laquelle se trouve le lieu de travail ou dans laquelle l’activité est exercée :

Situation épidémiologique actuelle

Ces sources permettent de vérifier où des infections ont été signalées chez des animaux ou des personnes. Elles peuvent aider à déterminer s’il convient d’actualiser l’analyse des risques et les mesures de prévention. Un signalement dans une région ne signifie pas que le risque est identique partout. Inversement, l’absence de signalement n’exclut pas totalement une exposition locale.