21.05.2026
Lors de la conférence « Architectuur in balans? », l'Orde van Architecten – Vlaamse Raad a dévoilé, le 23 octobre 2025, les résultats de l'enquête EquiLibre sur le modèle de rémunération et la qualité de l'emploi des architectes.

Cette enquête, menée auprès de 1 800 répondants, révèle que si les architectes sont satisfaits du contenu de leur travail, ils estiment en revanche que leur rémunération n'est pas à la hauteur de la charge de travail et des responsabilités qui en découlent. Une majorité d'entre eux ressent le poids de lourdes responsabilités, un stress constant et un déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Dans cet article, vous trouverez des informations plus détaillées sur les résultats de cette enquête, un aperçu de certaines initiatives parlementaires concernant la fausse indépendance, des explications complémentaires sur le rôle du contrôle dans le secteur de la construction, ainsi que des références à des articles sur les conditions de travail dans d'autres professions libérales.

Résultats de l'enquête EquiLibre

Cette enquête a été menée par l'Institut de recherche sur le travail et la société (HIVA en abrégé), rattaché à la KU Leuven.

Elle a été financée et organisée par l'Orde van Architecten - Vlaamse Raad et a été réalisée en collaboration avec le Netwerk Architecten Vlaanderen (NAV), la Beroepsvereniging voor Architecten, le G30, Belgian Architects United (BAU), Bouwmeester Maître Architecte et le Vlaams Architectuurinstituut.

Le rapport s'ouvre sur quelques cadres théoriques issus de diverses disciplines scientifiques. Chaque approche recherche un équilibre, par exemple sur le plan économique entre l'offre et la demande, en psychologie du travail entre les efforts et la rémunération, et en sociologie institutionnelle entre la liberté et la sécurité liées au statut professionnel. 

Pour l'approche psychologique, quatre théories sont utilisées : la théorie de l'autodétermination, le modèle d'interaction entre la charge de travail, les possibilités de contrôle et le soutien social, le modèle d'équilibre entre efforts et rémunération, et le modèle de sécurité psychologique.

Les fonctions dominantes parmi les répondants sont celles d'architecte/concepteur, de chef d'entreprise ou directeur d'un bureau et de chef de projet. Des fonctions plus spécifiques telles qu'ingénieur en stabilité, conseiller en énergie ou coordinateur de sécurité sont peu mentionnées. Selon l'étude, l'évaluation négative de la coordination de la sécurité est liée à la charge de travail variable et aux responsabilités de l'architecte, qui ne sont pas ou insuffisamment rémunérées. 

Neuf architectes sur dix jugent leur travail valorisant et trois sur quatre le trouvent créatif et stimulant. D'autre part, une majorité d’entre eux est confrontée à des facteurs de stress, tels que la charge de travail élevée, la complexité et les tâches administratives croissantes, ainsi que les responsabilités et obligations importantes.

Le paysage professionnel est dominé par de petits bureaux d'architectes et par les architectes indépendants. La grande majorité des architectes sont installés comme indépendants. Il est fréquent, surtout chez les jeunes architectes, qu’ils travaillent en tant qu’indépendants pour un seul et même bureau, ce qui pourrait être interprété comme de la fausse indépendance.

Les architectes pensent que l'on sous-estime leur travail.

Dans cette enquête, il a également été demandé aux participants d'indiquer les mesures qu'ils préconiseraient afin que chaque architecte (ou collaborateur) puisse être rémunéré correctement.  Ainsi, les architectes demandent avant tout :

  • des tarifs indicatifs, des montants de référence et/ou des repères ;
  • des temps de traitement plus courts et des procédures d'autorisation plus fluides ;
  • un statut déontologique clair pour prévenir la fausse indépendance ;
  • un rôle d'exemple de la part des pouvoirs publics : avec de meilleures conditions pour les appels d'offres et des rémunérations équitables lors des concours ;
  • une mise à jour de la loi de 1939 sur la protection du titre et de la profession d'architecte, prévoyant une limitation des responsabilités et une obligation d'assurance.

Vous trouverez plus d'informations sur le site web de l'‘Orde van Architecten - Vlaamse Raad’ (en néerlandais) :

D'autres articles à ce sujet ont également été publiés sur différents sites web :

Initiatives parlementaires portant sur le statut des architectes

Le rapport susmentionné abordait également l'aspect de la fausse indépendance. Dans ce cadre, il est utile de faire référence aux initiatives suivantes :

Cette proposition de loi portant modification du statut a également été abordée dans les articles suivants : 

À la suite de cette proposition de loi, une audition a eu lieu le 4 novembre 2025, au cours de laquelle l'étude susmentionnée a été abordée. Vous trouverez davantage d'informations à ce sujet dans les articles suivants :

La rémunération horaire minimale des architectes stagiaires travaillant sous le statut d'indépendant dans la partie néerlandophone du pays sera portée à 23,65 euros pour les contrats à compter de mars 2026.  La rémunération des architectes (stagiaires) est fixée à l'article 12 du Règlement de déontologie.

La Loi-programme (I) du 27 décembre 2006 (Titre XIII portant sur la nature des relations de travail: articles 328 à 343 inclus) et, plus tard, la Loi du 25 août 2012 modifiant le Titre XIII de la loi-programme (I) du 27 décembre 2006, en ce qui concerne la nature des relations de travail régissent la manière dont la nature d'une relation de travail est déterminée afin de lutter contre le phénomène des faux indépendants et des faux salariés. Dans l'intervalle, on compte six secteurs concernés par une présomption de fausse indépendance. Plus d’informations sur le site web de la Commission administrative de règlement de la relation de travail. La proposition de loi susmentionnée vise à ajouter un nouveau secteur à cette présomption.

L'aspect « indépendant ou salarié » a également été abordé dans les articles suivants :

Les publications et articles suivants, parus à l'étranger, méritent également d’être mentionnés :

Contrôle du bien-être dans le secteur de la construction

La Direction générale Contrôle du bien-être au travail (DG CBE) veille au respect de la réglementation relative au bien-être dans tous les secteurs, y compris celui de la construction.

Depuis le 1er juillet 2018, l’assurance responsabilité civile décennale est obligatoire pour les chantiers de construction ou de rénovation en Belgique requérant l’intervention d’un architecte. Depuis le 1er juillet 2019, certains professionnels du secteur de la construction sont en outre tenus de souscrire une assurance couvrant leur responsabilité civile professionnelle. Dans les deux cas, les architectes sont également concernés.

En vertu de l'arrêté royal du 23 février 2022, la DG CBE est également habilitée à dresser des procès-verbaux pour ces infractions conformément au Code de droit économique (CDE).  Plus d'informations à ce sujet dans l'article suivant : Un nouvel AR donne au CBE la possibilité de contrôler les assurances obligatoires dans la construction.

Autres professions libérales mises en évidence sur ce site web

Parmi les professions libérales, deux groupes professionnels présentent, selon le rapport susmentionné, de fortes similitudes avec les architectes : il s'agit des avocats et des médecins. Ces professions exigent une formation universitaire suivie d'un stage avant de pouvoir porter un titre reconnu. Elles sont soumises à une forte pression professionnelle et à de lourdes responsabilités, subissent une transition démographique marquée par une forte féminisation et font face à une pression croissante sur leurs revenus. 

Des articles ont déjà été publiés à ce sujet sur ce site web :

Par ailleurs, des articles ont été publiés sur les conditions de travail d'autres professions libérales ou liées au secteur des services :

De nombreuses informations ont également déjà été publiées sur d'autres professions, telles que les boulangers et les coiffeurs.