Une nouvelle étude des Mutualités Libres montre que la parentalité exerce une influence significative sur le risque d’incapacité de travail de longue durée liée à des troubles de santé mentale. Cet impact est en outre fortement inégalement réparti entre les femmes et les hommes. Sur la base des données de 313.088 affiliés suivis entre 2017 et 2025, les chercheurs ont analysé comment la formation du ménage, le nombre d’enfants et la situation familiale influencent ce risque.

Découvrez le rapport de l’étude sur le site des Mutualités Libres : Entre pénalité et effet protecteur: l'impact inégal de la parentalité sur l'incapacité de travail liée à la santé mentale.

L’étude montre que les mères présentent en moyenne un risque nettement plus élevé d’incapacité de travail liée à la santé mentale que les pères. Les femmes avec enfants ont plus du double de risque que les hommes avec enfants, un résultat conforme à ce que la littérature désigne par la « child penalty » (la pénalité liée au fait d’avoir des enfants). Ce concept met en évidence le fait que les femmes supportent de manière disproportionnée l’impact de la parentalité, tant en termes carrière que d’incapacité de travail. La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale pèse donc davantage sur les femmes, renforçant ainsi les inégalités existantes.

Par ailleurs, les vulnérabilités socio-économiques restent déterminantes. Les parents isolés et les ménages à faibles revenus sont davantage exposés aux troubles psychiques et aux arrêts de longue durée. D’autres facteurs, tels que l’âge des enfants ou leurs besoins spécifiques, augmentent également la charge mentale. L’étude confirme que la santé mentale des parents résulte d’une interaction complexe de facteurs individuels, familiaux et sociétaux.

L’analyse met toutefois en évidence que la parentalité n’a pas uniquement des effets négatifs. Dans certaines conditions, elle peut au contraire jouer un rôle protecteur vis ‑ à ‑ vis de la santé mentale et du risque d’incapacité de travail. Des éléments comme un revenu stable, un soutien social solide et une répartition équilibrée des tâches parentales apparaissent essentiels pour favoriser ces effets positifs.

Enfin, l’étude formule plusieurs recommandations :

  • Utiliser le « crédit familial » comme levier pour promouvoir l'égalité des genres et l’égalité des droits pour les parents isolés :
    • Encourager et normaliser la prise du congé de naissance.
    • Les parents qui élèvent seuls leur enfant devraient bénéficier d’un congé parental équivalent à celui des familles biparentales.
    • Veiller, lors de sa mise en œuvre, à des modalités pratiques claires.
    • S’atteler à une simplification administrative et à une harmonisation.
    • Permettre une prise de congé parental plus flexible.
  • Investir dans des services de garde d’enfants abordables, de qualité et flexibles.
  • Confier à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes de réaliser une étude afin de proposer des solutions concrètes, basées sur des données probantes, pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes liées à la parentalité, en particulier en matière d’incapacité de travail.

(Source : Entre pénalité et effet protecteur : l'impact inégal de la parentalité sur l'incapacité de travail liée à la santé mentale (PDF, 1,25 Mo) )