Dans cet article, nous mettons en lumière deux publications consacrées aux défis actuels et aux évolutions qui nous attendent au cours des prochaines décennies.
Technologies intelligentes pour prévenir les risques liés à la chaleur sur le lieu de travail
Un récent document de réflexion de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) examine en quoi le changement climatique aggrave les risques liés à la chaleur en matière de sécurité et de santé au travail, en particulier pour les emplois en extérieur et physiquement exigeants.
Ce document passe en revue les mesures de prévention existantes et analyse le rôle potentiel des nouvelles technologies, y compris celui des appareils portables numériques, des vêtements rafraîchissants et des applications mobiles. S’appuyant sur des données probantes issues de la recherche, des données d’enquête et des études de cas, ce document met en évidence les avantages, les limites et les défis en matière de gouvernance pour une prévention efficace des risques liés à la chaleur au travail.
Lisez le document de réflexion (en anglais) sur le site de l’EU-OSHA : Les nouvelles technologies et la prévention des risques professionnels liés au changement climatique: le cas de la chaleur.
Consultez également la rubrique thématique de l’EU-OSHA consacrée au changement climatique.
Enfin, n’hésitez pas à lire notre article sur L’enquête européenne « Le pouls de la SST » 2025, qui aborde également la question du climat.
Vagues de chaleur : comment vivrons-nous et travaillerons-nous en 2055 ?
Selon les scientifiques, les vagues de chaleur exceptionnelles que nous connaissons aujourd’hui devraient, à l’avenir, survenir plus tôt dans l’année et devenir plus fréquentes. Sommes-nous prêts à relever les défis du changement climatique ? Est-il encore possible d’agir ? À quoi ressembleront nos vies en 2055 ?
Dans son dernier ouvrage, « Bienvenue en 2055 », la géographe française Magali Reghezza-Zitt s’attaque au discours de l’impuissance. Elle défend le consensus scientifique selon lequel « il n’est pas trop tard ». Un débat démocratique contradictoire, des mesures stratégiques de transition sur les plans politique et économique, ainsi que des mesures collectives de prévention primaire, peuvent encore infléchir la trajectoire.
Cet ouvrage n’est pas de la science-fiction, mais une fiction scientifique. Le monde qu’il décrit n’existe pas encore et ne verra peut-être jamais le jour. Ce n’est cependant pas une utopie. Il reflète ce que la science nous apprend sur les solutions permettant de réduire les émissions de CO₂.
Le livre décrit un avenir dans lequel le monde du travail se transforme en profondeur : moins dépendant des énergies fossiles et de la mondialisation, davantage ancré dans les réalités locales, durable et orienté vers les soins, la rénovation, la réparation, l’innovation scientifique et le développement. Nos modes de vie et de travail pourraient évoluer afin d’améliorer le bien-être de tous. Les conventions collectives et la réglementation pourraient adapter le temps de travail et son organisation aux effets du changement climatique. Cette transition comporte à la fois des opportunités (nouveaux emplois et professions, revalorisation du travail) et des risques (inégalités, précarité), selon la manière dont elle sera organisée.
Les vagues de chaleur ont un impact considérable sur les personnes travaillant à l’extérieur, sur les chantiers de construction, dans l’agriculture, dans des environnements de travail chauds tels que les boulangeries, les restaurants ou les entreprises de production, mais aussi sur les pompiers ou encore dans les écoles et les crèches mal isolées. L’ouvrage plaide pour une revalorisation des « métiers essentiels », car la transition met en évidence l’importance des professions liées aux soins, à l’enseignement, à la production alimentaire, à la construction et à la rénovation, ainsi qu’à l’approvisionnement énergétique.
Cet avenir plus favorable reste possible si la classe politique fait du climat un véritable enjeu démocratique et de la neutralité carbone un projet de société. Il fera parfois jusqu’à 50 °C à l’ombre, mais nous aurons réussi à protéger nos conditions de vie et notre bien-être. Bienvenue en 2055 !
Plus d’informations sur l’auteure et le livre
Magali Reghezza-Zitt est une géographe française, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches (HDR) et membre du Centre de formation sur l’environnement et la société de l’École normale supérieure de Paris. Ses travaux scientifiques portent sur l’environnement ainsi que sur la prévention et la gestion des catastrophes naturelles. Elle est spécialisée dans la résilience et l’adaptation des sociétés et des territoires. Elle a été membre du Haut Conseil pour le climat en France de 2019 à 2023 et siège dans de nombreuses instances à titre d’experte.
Vous trouverez davantage d’informations sur l’ouvrage sur le site des Éditions du Seuil : Bienvenue en 2055, Magali Reghezza-Zitt.
Sur ce site
Dans notre article « Fortes chaleurs ? L’employeur adapte le travail ! », nous vous rappelons les principales mesures de protection en cas de chaleur, que l’on peut trouver dans le Code du bien-être au travail, dans l’arrêté royal du 25 janvier 2001 concernant les chantiers temporaires ou mobiles, ainsi que dans les conventions collectives de travail (CCT)
Le climat et la chaleur au travail ont déjà été abordés à plusieurs reprises sur ce site. En voici quelques exemples :
- Résultats du projet européen ADAPTHEAT
- L'impact du changement climatique sur la sécurité sociale
- Le stress thermique, un tueur silencieux
- Faire face au changement climatique dans le secteur des soins
- Le travail au soleil est responsable d'un décès sur trois dû à un cancer de la peau sans mélanome
- Agriculture et sylviculture: en quoi le changement climatique affectera-t-il la santé et la sécurité des travailleurs?
- Protection contre les rayonnements UV dans le secteur de la construction